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Expérimentation à deux cordonnets

Je me suis achetée un nouvel ordinateur. J'avais l'autre depuis plus de dix ans. Point de vue techno, il y a eu des changements. C'est la première fois que je l'utilise pour mon blogue et je me sens les mains pleines de pouces. Je sors de ma zone de confort.


Toujours dans le domaine de la dentelle russe, je voulais juste vous montrer une expérimentation que j'avais essayée, il y a de nombreuses années, en matière de cordonnets. J'en avais utilisé deux en torsion, un sur chaque bord du galon. Les cordonnets et les passives étaient ton sur ton. J'admets que ça se voit mal.

Aussi, j'ai pris deux autres photos. Une plus rapprochée:


Et celle-ci, devant une lumière:

 

J'espère que ça se voit mieux. 

Vous remarquerez qu'une seule paire de passives était devenue possible.

Ça prend pas grand chose pour donner de la fantaisie à un simple galon. Si ça vous donne des idées, tant mieux.


Cordonnets russes à chevrons, partie II

En lisant cet article (toujours sur le blogue d'Ielena Rusakova) j'ai fait une découverte: on pouvait réaliser les cordonnets à chevron avec un endos et un endroit différents. La manière que j'avais apprise dans le temps (et probablement la même chose pour bien des dentellières) donnait deux endroits.

Rappel: dans la façon la plus fréquente de les effectuer, on soulève les deux cordonnets du milieu, on passe la paire de meneurs sous ceux-ci mais au-dessus des deux à l'extérieur. Voir mon article.

 

 

 

 

Dans cette autre version, on passe un des meneurs en dessous des quatre cordonnets (photo ci-contre) 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

L'autre meneur passe au-dessous des deux cordonnets du milieu et en-dessus de ceux du bord. 

 

 

 

 

 

 

Ça peut être n'importe lequel des meneurs qui passe en dessous des quatre, dans la mesure où c'est toujours le même tout le long de l'ouvrage.

Voici le résultat:



 

 

 Voici l'endroit.

 

 

 

 

 

 

Pour l'envers, voir la première photo du haut.

À date, j'en ai pas vu dans les exemples de dentelle, Viatka ou autre, en dehors de cet article de Mme Rusakova. Par contre, elle y parle de "tresses pour les œufs de Pâques". Je n'ai pas compris s'il faut le prendre littéralement ou si c'est une expression idiomatique, et qu'est-ce qu'on y fait vraiment. À suivre.

Perso, je préfère avec deux endroits. 

Mise à jour du 2021/08/14:

Selon une dame russe avec laquelle j'ai échangé, cette technique est pratique si on a une pièce ayant ce type de cordonnet et touchant directement la peau (ex: un collier, un jabot, ...). On met l'endos du côté de la peau. Ça permet de diminuer le frottement sur celle-ci.

Cordonnets russe à chevrons, partie I

Je rappelle que je suis en train d'explorer le site d'Elena Rusakova, un incontournable pour la dentelle de Viatka.

Je vais monter ici comment faire à une ou deux couleurs ce grand classique de plusieurs dentelles russes. Une révision en même temps pour moi puisque j'en ai pas fait depuis des années. Mettons que je préfère les autres sortes.

Je me suis servie du patron de galon disponible ici.

Ce patron est prévu pour faire un galon russe classique à une seule paire de cordonnets, c'est-à-dire 4 paires passives, deux paires bordures, une paire de meneur et une paire de cordonnets. Pour chaque paire supplémentaire de cordonnets, je dois sacrifier deux paires passives. Ce qui m'amène à la préparation de seulement 2 paires passives au lieu de quatre en plus des deux paires de cordonnets. Pas de changement pour les bordures et les meneurs.

 

 

 

 

Pour un cordonnet monochrome, disposer sur l'épingle les deux paires de cordonnets tel que le montre l'image suivante:


 

 

 

Quand ma paire de meneurs arrive aux cordonnets, je soulève les deux du milieu, je passe les meneurs en dessous de ceux-ci, mais au-dessus des deux autres. Voir photo ci-contre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je dépose les meneurs après la série des quatre cordonnets. Puis, je place les deux cordonnets du milieu de part et d'autre des deux à l'extérieur, tel que le montre la photo à gauche. Mes cordonnets autrefois au milieu deviennent les cordonnets extérieurs et vice et versa.

 

 

 

 

 

C'est la manière que j'ai appris. Mme Rusakova fait l'inverse: elle lève les deux cordonnets du bout, passe la paire de meneurs en-dessous (et au-dessus des deux cordonnets du centre)  puis dépose au centre les deux du bout. Ça revient au même.

Pour avoir un chevron à deux couleurs, j'ai deux possibilités.

 

 

 

 

Si je répartis mes cordonnets selon la photo de droite (couleur A au centre, couleur B à l'extérieur), j'obtiens le résultat ci-dessous à gauche.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si je veux obtenir l'arrangement de couleur de la photo du début de l'article, je les organise selon la photo ci-dessous (couleur A, couleur B, couleur A, couleur B).


 

Les deux articles suivants du site d'Ielena Rusakova m'ont inspiré.

Cordonnets en dentelle de Viatka

Je prends un peu de vacances. J'en profite pour publier des articles déjà préparés mais pas encore partagés. 

Pour celles qui ne le savent pas, un cordonnet est un fil plus gros que les autres, de couleur contrastante ou ton sur ton, et qui sert à ornementer la dentelle. 

Celle de Viatka les utilise au moins de trois manières différentes:

  • en toile;
  • en torsion (cordonnet tordu);
  • en chevron.

La toile demande une ou deux paires selon le cas. On a des exemples de toile dans les articles suivants:

Le cordonnet tordu demande une ou deux paires selon le cas. On a des exemples dans les articles suivants:

Pour le chevron, on a besoin de deux paires.

Ici une pièce avec chevrons que j'ai fait il y a de très nombreuses années.


 

 

 

 

 

Dans une publication à venir, j'expliquerai comment réaliser un cordonnet en chevron, à une ou à deux couleurs.

Pour cet article, je me suis inspirée de celui-ci du site d'Ielena Rusakova.



Secrets de cordonnets russes

Juste pour vous donner des nouvelles. 

Premièrement, et pendant qu'il est encore temps, mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Depuis la dernière fois que j'ai écrit sur mon blogue, j'ai continué mes cours de russe et fait un peu de dentelle. J'ai un problème de dos, la dentelle ne l'épargne pas. Je suis suivie par une chiro. Je ne peux pas en faire beaucoup à la fois et je cherche une solution adaptée. Sauf que le confinement complique les choses. Affaire à suivre, donc...

Une de mes ressources internet pour l'apprentissage du russe suggère d'écouter des trucs en rapport avec nos hobbies pour faire son oreille. Comme ça, on se tanne pas. On a moins la sensation de faire un devoir. C'est plein de bon sens et j'avoue ne pas y avoir pensé. Je le voyais plus comme à la fin, pas pendant.
 
Je viens donc de m'amuser à regarder des vidéos de dentelle en russe (pendant ce temps-là, je repose mon dos). Dans ce que je vous amène, j'ai reconnu des mots, juste quelques-uns, dont certains reliés à la dentelle, ce qui montre que ça avance. C'est toujours un début.
 
Mais cette vidéo, qui s'appelle "Secrets #2", vous n'avez pas besoin de la comprendre. Elle est très visuelle. La dentellière (son nom: Irina Zubarova) donne des trucs reliés aux cordonnets. Par exemple, elle triple l'épaisseur de ceux-ci juste en jouant avec ses fuseaux. Elle en fait un meneur à un moment donné. Et il y a la finition de ces cordonnets. Ça dure une vingtaine de minutes.
 
Je préviens que je ne les ai pas encore essayés.

 

 
 Je crois que je vais répéter l'expérience.
 
 
 
 

Un cordonnet russe tordu à deux couleurs

La dernière fois, j'ai terminé en disant que je m'étais fait plaisir avec le cordonnet russe. J'en voyais souvent en deux couleurs alternées et je voulais l'essayer. Alors c'est fait.

Encore des cordonnets? Je sais que j'en parle beaucoup, à se demander si je fais autre chose ;-).



Voici le truc.

Les deux fils d'une paire ont chacun une couleur différente.

En dentelle russe, les cordonnets sont toujours dans un fil assez gros. Pour chaque couleur, il s'agit ici de prendre du fil deux fois plus fin et d'en calculer deux fois la longueur voulue avant de le couper.

















Puis on plie ce fil en deux. C'est ce fil en double qui servira de cordonnet.




















Ensuite, on enroule celui-ci autour des fuseaux à partir des bouts coupés. À la fin, le bout qui pend est celui avec le pli.

















Les deux fuseaux de ma paire sont placés sur la même épingle, celle-ci au milieu des boucles. Ceci facilitera l'accrochage lorsque viendra le temps de la finition. On voit à droite le montage avec les deux couleurs.



















Puis je travaille normalement, tel qu'expliqué à un moment donné dans cet article. En fait, je crois que ça va être plus rapide de le répéter parce qu'il est assez long.

  1. Lever le fuseau droit du cordonnet.
  2. Passer en dessous la paire de meneurs et la déposer de l'autre côté de la paire de cordonnets.
  3. Déposer le fuseau droit de la paire de cordonnets tout de suite à gauche du fuseau gauche. La torsion se fait toute seule.
  4. Continuer normalement avec la paire de meneur et les autres fils.


Après quelques rangs, on obtient tel que sur la première photo.



Dans cette pièce en particulier, je voulais avoir des cordonnets de la même couleur orange et vert que j'utilisais ailleurs mais des fils aussi gros n'étaient pas disponibles. Je n'ai pas pris les cordonnets de la démonstration bien que les couleurs en soient rapprochées. Alors, j'ai simplement pris les mêmes fils mais j'en ai fait trois brins, par la suite pliés en deux. Donc, si on fait le bon calcul, il a fallu calculer six fois la longueur que je voulais de fil simple. Finalement, ça donne comme à gauche.











Une fleur russe en festons

Au départ, je ne voulais pas le poster à cause des erreurs. Sauf que je viens de recevoir la publication d'un autre blogue auquel je suis abonnée. La dentellière a fait du point de Paris et montre ses erreurs. Je me suis sentie moins gênée et j'ai décidé de plonger.



En dentelle russe, on voit des festons dans certaines dentelles dont celle de Ielets (image ci-dessus, prise d'une bande vidéo de trente minutes). En général, ils sont agrémentés d'un cordonnet. C'est aussi ma préférence. Dans mon exploration, j'avais choisi un patron facile d'Adelaida Rojkova pour me faire la main. Le même patron est utilisé dans trois de ses livres. Je l'ai même vu circuler sur Pinterest. Mais j'ai pris la version à cette adresse.

Et pour vous permettre de le repérer dans la page, en voici une photo:




J'ai imprimé la patron sur du papier de couleur (le fil blanc s'y voit mieux), je l'ai collé sur un carton souple (genre chemises en carton; j'en ai récupéré un bon lot d'usagées lors d'un ménage dans les bureaux où je travaillais) que j'ai recouvert d'un film autocollant en plastique transparent (on peut faire l'inverse: papier blanc et film de couleur mais j'ai du transparent dont je veux me débarrasser). Je ne fais pas de piquage, sauf pour des cartons plus épais (ça arrive), où les aiguilles peuvent se tordre facilement.

Le patron ne présente pas de difficulté en soi. C'est seulement de la grille (dans ses autres livres, elle peut aussi faire de la toile). Alors j'ai commencé en me basant sur mes connaissances et les images, me réservant le texte pour plus tard. Je voulais savoir si elle avait une technique spéciale pour la finition de sa grille. J'ai reçu tout un choc quand j'ai enfin lu.

En fait c'est une des raisons pour laquelle j'ai publié cet article. Elle recommandait de terminer en faisant des nœuds et en les consolidant avec de la colle blanche. Quelqu'un m'a confirmé qu'il y avait débat sur son usage, que j'ignorais. Personnellement, je crois qu'on doit l'éviter. D'accord, elle devient transparente en séchant, mais la dentelle prend localement de la raideur. Et, de mon point de vue, la qualité baisse.

Toujours est-il que j'ai fini par la technique "Toute une chaîne de nœuds", en me fiant sur le fait que le cordonnet cacherait. Celui-ci, on le rentre en suivant son chemin au travers des fils. Et c'est là qu'a été mon erreur: par excès de confiance j'ai coupé les fils avant de le rentrer. Ç'a pas tenu. Moralité: on coupe tous les fils, incluant le cordonnet, en tout dernier et en même temps.

À part ça, j'ai manqué de fil. Comme c'était de la grille, j'ai fait les rajouts par un petit nœud discret sur le bord intérieur, où ça ne se verrait pas une fois terminé (photo ci-contre). J'en ai aussi manqué pour le cordonnet. J'ai travaillé quelques rangs avec l'ancien fil ensemble avec son remplaçant, puis j'ai mis de côté le vieux pour ne travailler qu'avec le nouveau (pas de photo, zut).

Alors voici quand même ce que j'ai fait, au moins pour montrer comment on fait le feston.





Longueur de fil réajustée, je prendrais maintenant environ 2m par paire de coton égyptien 60/2 et de coton à crochet Anchor ayant une épaisseur équivalente et environ 4m de fil à broder DMC, trois brins, pour la paire de cordonnet. Sur le petit bout, j'ai disposé six épingles, avec deux paires de fil par épingle, en suivant les directives de l'article sur la Technique de coloration en dentelle russe. La manière de gérer les couleurs tout le long de l'ouvrage y est aussi consignée. Le cordonnet a été l'objet d'une épingle séparée, complètement à gauche de l'ensemble. Photo ci-contre.


Je me suis d'abord concentrée sur le cordonnet. J'ai expliqué la technique avec le meneur dans cet article sans avoir de photos. Ici, j'ai été capable d'en prendre (des photos).

1) Je soulève le fuseau droit du cordonnet (ci-dessus).

 
2) Je prend la paire de fils à droite, que je passe sous le fuseau droit et dépose à gauche du fuseau gauche du cordonnet (ci-dessus).



3) Je dépose le fuseau droit du cordonnet entre le fuseau gauche et la paire de fils. La torsion se fait toute seule (ci-dessus).

Je continue ainsi toutes les paires de fil sauf les deux dernières. Je place une épingle de soutien (photo ci-dessous) pour que le cordonnet puisse garder sa forme dans le changement de direction.



Avec les deux paires laissées libres à droite, je fais un point double. Dans ces deux paires, celle de droite est destinée à ma paire bordure. Celle de gauche, je la passe dans le cordonnet en faisant une torsion. Puis, je commence mon rang de grille. À la fin de celui-ci, je fais un autre point double, avec désormais un nombre pair de torsions avant de fermer l'épingle pour conserver l'alternance de couleur dans les meneurs. Ceci pour les deux paires bordures.


La deuxième photo de l'article donne le résultat après quelques rangs. À chaque fois que mon cordonnet change de direction (ou que je veux garder la courbe), j'aide avec une épingle de soutien. J'ai donné ci-haut la manière de le travailler lorsqu'on va de gauche à droite. Pour la droite vers la gauche, c'est à peu près la même chose:
  • la torsion des cordonnets reste le fuseau droit à gauche du fuseau gauche;
  • au lieu de prendre la paire de fil à droite pour la déposer à gauche, on prend celle à gauche et on la dépose à droite. 
Entre les deux rangs de cordonnets, on ne fait rien. Je tiens à le préciser parce que dans certains genres de dentelle, il peut y avoir des torsions ou autres. Mais pas ici. En tout cas, pas dans ce modèle-ci.



Et voici le résultat final, le bouton fixé après une bataille sanglante, sous un éclairage très lumineux. J'ai hésité à mettre de l'empois. La grille a souffert et on ne voit même pas l'erreur dont j'ai parlé au début. Elle s'est retrouvée en dessous parmi les ruines. J'ai décidé de la porter (la fleur, pas l'erreur, zut les deux) quand même et à date ça tient. Par contre, mon manque de fil pour le cordonnet se voit (flèche). 



Ielena Rusakova, une autre de mes références en dentelle russe, a un vidéo sur les festons. C'est en russe, évidemment, mais sa voix est presque un fond sonore. En se concentrant sur ce qu'on voit, on s'en sort très bien. Vous remarquerez le traitement différent de ses cordonnets, en toile au lieu d'être tordus ou en chevrons. Les trois sont possibles. Avec les chevrons, il y a même un truc auquel je pourrais revenir. Mme Rusakova vend des cours de dentelle mais son site contient aussi des éléments gratuits accessibles à toutes. Pour certains, on n'a pas besoin de connaître le russe. Elle a aussi un canal Youtube.

Mise à jour le 17/04/2019. Gibritte a publié hier la recette pour une fleur assez similaire mais a un autre truc pour sa finition. Pour la consulter, cliquez ici.


Des volants plats superposés

Les dernières semaines, j'ai continué mon étude sur certains effets 3D en dentelle. J'ai retravaillé le volant de la fleur en bas à droite de cette œuvre originale,  où j'ai deux volants superposés mais l'un plus petit que l'autre. Le volant du dessous est opaque.

Juste pour vous remettre en contexte: seulement certains indices étaient disponibles pour réaliser l'original et je n’ai rien trouvé sur internet pour m’aider. Je crois avoir pas mal cherché. Le patron vient d’un livre d’introduction au Fleuri de Bruges, ce qui laisse entendre que c’est une technique de base. Or, je me suis rendue compte par la suite que c’était pas mal avancé. Comme ça m’intriguait et que je tenais à le faire, j’ai plongé quand même.

L’idée est de joindre des morceaux de dentelle par des accrochages, au lieu de coutures avec du fil et une aiguille, pour obtenir des effets 3D, lorsque possible et applicable. Ça ne se prête pas à toutes les dentelles.


Dans ce qui suit, je partage mon essai avec vous.


Voici d'abord le résultat final. La photo ci-dessous est l'endroit, la suivante est l'endos (vous pouvez double-cliquer sur les images pour les voir dans leur taille réelle).




Cette technique est beaucoup plus avenante que celle des volants plissés et elle se fait aussi avec des accrochages. De même, elle se prête à une plus grande variété d'effets. Ainsi, dans l'œuvre originale (vous pouvez retourner la voir en cliquant sur le lien du premier paragraphe), j'ai appliqué la même technique avec les deux fleurs à gauche, en haut et en bas. La différence réside dans des volants de même dimension mais où on voit celui du dessous par une grille ou une toile lâche. Admettons que ça se voit mal sur la photo. Dans mon étude, je me suis aussi limitée à deux étages de volants. Mais rien n'empêcherait d'avoir plus de couches. Il s'agirait de prévoir une grandeur en proportion des œillets d'épingles (ajouter une ou deux torsions supplémentaires avant de fermer l'épingle) afin d'avoir plus d'espace pour faire les accrochages.

Pour cette étude, j'ai repris le patron des volants plissés. Rien ne justifiait d'en créer un nouveau. Mais j'y ai mis de la fantaisie. Ainsi, j'ai utilisé la technique de coloration que j'ai découvert par le biais de la dentelle de Ielets pour le galon (russe) et le volant du dessus. Cette technique de couleur me fascine et j'avais hâte de l'utiliser "en vrai". Du fil à coudre Gütermann (100% pur polyester) m'a accompagné dans la démarche, avec comme choix  de couleurs outremer et violet, sans compter le fil à broder DMC jaune pour le cordonnet (russe). La partie blanche a été concoctée en coton égyptien blanc 60/2. Un mélange assez incongru, mais j'ai décidé de vivre avec.




Dans le reste de l'article, je vais expliquer comment j'ai procédé. Mais comme c'est le même patron que pour le volant plissé, rien ne vous empêche d'utiliser à la place les mêmes fils, sorte et quantité, que dans ce dernier. Ou de choisir d'autres couleurs, plus dans vos goûts. La même technique s'applique quel que soit le fil employé. Et elle est très simple.

Pour le galon:
  • une paire de meneurs
  • deux paires bordures
  • une paire de cordonnet
  • cinq paires passives
Pour le petit volant:
  • une paire de cordonnet
  • deux paires bordures
  • six autres paires (assez pour se rendre environ à demi-largeur du grand volant)
Pour le grand volant:
  • une paire de meneurs
  • deux paires bordures
  • une paire de cordonnet. Pour ce dernier, j'ai employé quatre fils Gütermann, deux de chaque couleur pour donner de l'unité à l'ensemble.
  • onze paires passives. Il y a suffisamment d'espace pour ajouter une ou deux paires de plus si vous voulez.

Une remarque importante: on n'a pas le choix de travailler à l'envers, du plus petit volant au plus grand, histoire de ne pas cacher le patron en-dessous. D'où que si dans la version finale on veut le galon à gauche, il faut travailler avec ce dernier à droite sur le patron. Dans un exercice, ça ne dérange pas tellement.

On commence avec deux paires sur chaque épingle sauf pour le cordonnet où celui-ci reste seul. Ça s'applique autant au galon qu'aux deux volants. Dans la photo ci-contre, on voit la disposition des fils appliquée pour le galon et le volant du dessus. Remarquez l'alternance des deux couleurs. Celle-ci est essentielle si on veut jouer avec cette technique de coloration. Veuillez vous référer à cet article pour la réalisation, que ce soit en grille ou en toile.










Le galon a été réalisé en toile.

Concernant le cordonnet, il s'agit d'une des techniques de cordonnet en dentelle russe. Celle-ci offre au moins trois façons différentes de le travailler. Mon souhait aurait été de faire un lien vers un site quelconque pour les explications, mais après une recherche rapide du côté français, je n'ai trouvé que le chevron, qui demande deux paires. Or, il n'y en a qu'une seule. Alors voici comment le travailler (pas de photos, mes excuses, sauf peut-être ci-dessous, prise après le passage des meneurs, et où on voit la torsion):
  • prendre la paire de meneurs
  • soulever le fuseau droit de la paire de cordonnet
  • passer les meneurs en-dessous
  • déposer le fuseau droit à gauche de l'autre (celui de gauche devient maintenant celui de droite). La torsion se fait toute seule.

Le petit volant a été fait en grille. À l'encontre du dessin technique du patron, les deux premiers et les deux derniers rangs — qui prévoient de la toile — ont été faits en point double. Comme je n'ai pas trouvé d'exemples, je l'ai fait à ma guise.

Dans un premier essai, mes deux premiers rangs étaient en toile, selon le patron du volant plissé (rappelez-vous que je n'avais pas essayé le passage de la toile à la grille dans la première expérimentation. C'était une occasion de l'essayer). Un problème s'est révélé et j'ai recommencé avec la promesse de regarder ça plus tard.

Pour la largeur du petit volant, l'épingle a été plantée à l'œil entre 0,75 et 1 cm du bord gauche en se servant d'une règle. Un accrochage à l'épingle du galon a terminé chaque rang de droite à gauche.


Une fois le volant du dessus terminé, ça ressemblait à ce qu'on voit sur l'image de droite.
















Pour partir le grand volant, on a juste à réutiliser les épingles du petit, plus d'autres ajoutées afin de compléter la largeur.

Ce volant a été travaillé essentiellement en toile. Ici aussi chaque rang de droite à gauche se terminait par un accrochage à l'épingle du galon.













Jusqu'à trois torsions ont été rajoutées dans les courbes pour remplir, cerclées dans l'image ci-contre, prise juste après un accrochage. J'ai quand même laissé quelques paires en toile du côté du cordonnet pour plus de finition.














Pas plus difficile que ça! Maintenant, à vos coussins!