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Une fleur russe en festons

Au départ, je ne voulais pas le poster à cause des erreurs. Sauf que je viens de recevoir la publication d'un autre blogue auquel je suis abonnée. La dentellière a fait du point de Paris et montre ses erreurs. Je me suis sentie moins gênée et j'ai décidé de plonger.



En dentelle russe, on voit des festons dans certaines dentelles dont celle de Ielets (image ci-dessus, prise d'une bande vidéo de trente minutes). En général, ils sont agrémentés d'un cordonnet. C'est aussi ma préférence. Dans mon exploration, j'avais choisi un patron facile d'Adelaida Rojkova pour me faire la main. Le même patron est utilisé dans trois de ses livres. Je l'ai même vu circuler sur Pinterest. Mais j'ai pris la version à cette adresse.

Et pour vous permettre de le repérer dans la page, en voici une photo:




J'ai imprimé la patron sur du papier de couleur (le fil blanc s'y voit mieux), je l'ai collé sur un carton souple (genre chemises en carton; j'en ai récupéré un bon lot d'usagées lors d'un ménage dans les bureaux où je travaillais) que j'ai recouvert d'un film autocollant en plastique transparent (on peut faire l'inverse: papier blanc et film de couleur mais j'ai du transparent dont je veux me débarrasser). Je ne fais pas de piquage, sauf pour des cartons plus épais (ça arrive), où les aiguilles peuvent se tordre facilement.

Le patron ne présente pas de difficulté en soi. C'est seulement de la grille (dans ses autres livres, elle peut aussi faire de la toile). Alors j'ai commencé en me basant sur mes connaissances et les images, me réservant le texte pour plus tard. Je voulais savoir si elle avait une technique spéciale pour la finition de sa grille. J'ai reçu tout un choc quand j'ai enfin lu.

En fait c'est une des raisons pour laquelle j'ai publié cet article. Elle recommandait de terminer en faisant des nœuds et en les consolidant avec de la colle blanche. Quelqu'un m'a confirmé qu'il y avait débat sur son usage, que j'ignorais. Personnellement, je crois qu'on doit l'éviter. D'accord, elle devient transparente en séchant, mais la dentelle prend localement de la raideur. Et, de mon point de vue, la qualité baisse.

Toujours est-il que j'ai fini par la technique "Toute une chaîne de nœuds", en me fiant sur le fait que le cordonnet cacherait. Celui-ci, on le rentre en suivant son chemin au travers des fils. Et c'est là qu'a été mon erreur: par excès de confiance j'ai coupé les fils avant de le rentrer. Ç'a pas tenu. Moralité: on coupe tous les fils, incluant le cordonnet, en tout dernier et en même temps.

À part ça, j'ai manqué de fil. Comme c'était de la grille, j'ai fait les rajouts par un petit nœud discret sur le bord intérieur, où ça ne se verrait pas une fois terminé (photo ci-contre). J'en ai aussi manqué pour le cordonnet. J'ai travaillé quelques rangs avec l'ancien fil ensemble avec son remplaçant, puis j'ai mis de côté le vieux pour ne travailler qu'avec le nouveau (pas de photo, zut).

Alors voici quand même ce que j'ai fait, au moins pour montrer comment on fait le feston.





Longueur de fil réajustée, je prendrais maintenant environ 2m par paire de coton égyptien 60/2 et de coton à crochet Anchor ayant une épaisseur équivalente et environ 4m de fil à broder DMC, trois brins, pour la paire de cordonnet. Sur le petit bout, j'ai disposé six épingles, avec deux paires de fil par épingle, en suivant les directives de l'article sur la Technique de coloration en dentelle russe. La manière de gérer les couleurs tout le long de l'ouvrage y est aussi consignée. Le cordonnet a été l'objet d'une épingle séparée, complètement à gauche de l'ensemble. Photo ci-contre.


Je me suis d'abord concentrée sur le cordonnet. J'ai expliqué la technique avec le meneur dans cet article sans avoir de photos. Ici, j'ai été capable d'en prendre (des photos).

1) Je soulève le fuseau droit du cordonnet (ci-dessus).

 
2) Je prend la paire de fils à droite, que je passe sous le fuseau droit et dépose à gauche du fuseau gauche du cordonnet (ci-dessus).



3) Je dépose le fuseau droit du cordonnet entre le fuseau gauche et la paire de fils. La torsion se fait toute seule (ci-dessus).

Je continue ainsi toutes les paires de fil sauf les deux dernières. Je place une épingle de soutien (photo ci-dessous) pour que le cordonnet puisse garder sa forme dans le changement de direction.



Avec les deux paires laissées libres à droite, je fais un point double. Dans ces deux paires, celle de droite est destinée à ma paire bordure. Celle de gauche, je la passe dans le cordonnet en faisant une torsion. Puis, je commence mon rang de grille. À la fin de celui-ci, je fais un autre point double, avec désormais un nombre pair de torsions avant de fermer l'épingle pour conserver l'alternance de couleur dans les meneurs. Ceci pour les deux paires bordures.


La deuxième photo de l'article donne le résultat après quelques rangs. À chaque fois que mon cordonnet change de direction (ou que je veux garder la courbe), j'aide avec une épingle de soutien. J'ai donné ci-haut la manière de le travailler lorsqu'on va de gauche à droite. Pour la droite vers la gauche, c'est à peu près la même chose:
  • la torsion des cordonnets reste le fuseau droit à gauche du fuseau gauche;
  • au lieu de prendre la paire de fil à droite pour la déposer à gauche, on prend celle à gauche et on la dépose à droite. 
Entre les deux rangs de cordonnets, on ne fait rien. Je tiens à le préciser parce que dans certains genres de dentelle, il peut y avoir des torsions ou autres. Mais pas ici. En tout cas, pas dans ce modèle-ci.



Et voici le résultat final, le bouton fixé après une bataille sanglante, sous un éclairage très lumineux. J'ai hésité à mettre de l'empois. La grille a souffert et on ne voit même pas l'erreur dont j'ai parlé au début. Elle s'est retrouvée en dessous parmi les ruines. J'ai décidé de la porter (la fleur, pas l'erreur, zut les deux) quand même et à date ça tient. Par contre, mon manque de fil pour le cordonnet se voit (flèche). 



Ielena Rusakova, une autre de mes références en dentelle russe, a un vidéo sur les festons. C'est en russe, évidemment, mais sa voix est presque un fond sonore. En se concentrant sur ce qu'on voit, on s'en sort très bien. Vous remarquerez le traitement différent de ses cordonnets, en toile au lieu d'être tordus ou en chevrons. Les trois sont possibles. Avec les chevrons, il y a même un truc auquel je pourrais revenir. Mme Rusakova vend des cours de dentelle mais son site contient aussi des éléments gratuits accessibles à toutes. Pour certains, on n'a pas besoin de connaître le russe. Elle a aussi un canal Youtube.

Mise à jour le 17/04/2019. Gibritte a publié hier la recette pour une fleur assez similaire mais a un autre truc pour sa finition. Pour la consulter, cliquez ici.


Des volants plats superposés

Les dernières semaines, j'ai continué mon étude sur certains effets 3D en dentelle. J'ai retravaillé le volant de la fleur en bas à droite de cette œuvre originale,  où j'ai deux volants superposés mais l'un plus petit que l'autre. Le volant du dessous est opaque.

Juste pour vous remettre en contexte: seulement certains indices étaient disponibles pour réaliser l'original et je n’ai rien trouvé sur internet pour m’aider. Je crois avoir pas mal cherché. Le patron vient d’un livre d’introduction au Fleuri de Bruges, ce qui laisse entendre que c’est une technique de base. Or, je me suis rendue compte par la suite que c’était pas mal avancé. Comme ça m’intriguait et que je tenais à le faire, j’ai plongé quand même.

L’idée est de joindre des morceaux de dentelle par des accrochages, au lieu de coutures avec du fil et une aiguille, pour obtenir des effets 3D, lorsque possible et applicable. Ça ne se prête pas à toutes les dentelles.


Dans ce qui suit, je partage mon essai avec vous.


Voici d'abord le résultat final. La photo ci-dessous est l'endroit, la suivante est l'endos (vous pouvez double-cliquer sur les images pour les voir dans leur taille réelle).




Cette technique est beaucoup plus avenante que celle des volants plissés et elle se fait aussi avec des accrochages. De même, elle se prête à une plus grande variété d'effets. Ainsi, dans l'œuvre originale (vous pouvez retourner la voir en cliquant sur le lien du premier paragraphe), j'ai appliqué la même technique avec les deux fleurs à gauche, en haut et en bas. La différence réside dans des volants de même dimension mais où on voit celui du dessous par une grille ou une toile lâche. Admettons que ça se voit mal sur la photo. Dans mon étude, je me suis aussi limitée à deux étages de volants. Mais rien n'empêcherait d'avoir plus de couches. Il s'agirait de prévoir une grandeur en proportion des œillets d'épingles (ajouter une ou deux torsions supplémentaires avant de fermer l'épingle) afin d'avoir plus d'espace pour faire les accrochages.

Pour cette étude, j'ai repris le patron des volants plissés. Rien ne justifiait d'en créer un nouveau. Mais j'y ai mis de la fantaisie. Ainsi, j'ai utilisé la technique de coloration que j'ai découvert par le biais de la dentelle de Ielets pour le galon (russe) et le volant du dessus. Cette technique de couleur me fascine et j'avais hâte de l'utiliser "en vrai". Du fil à coudre Gütermann (100% pur polyester) m'a accompagné dans la démarche, avec comme choix  de couleurs outremer et violet, sans compter le fil à broder DMC jaune pour le cordonnet (russe). La partie blanche a été concoctée en coton égyptien blanc 60/2. Un mélange assez incongru, mais j'ai décidé de vivre avec.




Dans le reste de l'article, je vais expliquer comment j'ai procédé. Mais comme c'est le même patron que pour le volant plissé, rien ne vous empêche d'utiliser à la place les mêmes fils, sorte et quantité, que dans ce dernier. Ou de choisir d'autres couleurs, plus dans vos goûts. La même technique s'applique quel que soit le fil employé. Et elle est très simple.

Pour le galon:
  • une paire de meneurs
  • deux paires bordures
  • une paire de cordonnet
  • cinq paires passives
Pour le petit volant:
  • une paire de cordonnet
  • deux paires bordures
  • six autres paires (assez pour se rendre environ à demi-largeur du grand volant)
Pour le grand volant:
  • une paire de meneurs
  • deux paires bordures
  • une paire de cordonnet. Pour ce dernier, j'ai employé quatre fils Gütermann, deux de chaque couleur pour donner de l'unité à l'ensemble.
  • onze paires passives. Il y a suffisamment d'espace pour ajouter une ou deux paires de plus si vous voulez.

Une remarque importante: on n'a pas le choix de travailler à l'envers, du plus petit volant au plus grand, histoire de ne pas cacher le patron en-dessous. D'où que si dans la version finale on veut le galon à gauche, il faut travailler avec ce dernier à droite sur le patron. Dans un exercice, ça ne dérange pas tellement.

On commence avec deux paires sur chaque épingle sauf pour le cordonnet où celui-ci reste seul. Ça s'applique autant au galon qu'aux deux volants. Dans la photo ci-contre, on voit la disposition des fils appliquée pour le galon et le volant du dessus. Remarquez l'alternance des deux couleurs. Celle-ci est essentielle si on veut jouer avec cette technique de coloration. Veuillez vous référer à cet article pour la réalisation, que ce soit en grille ou en toile.










Le galon a été réalisé en toile.

Concernant le cordonnet, il s'agit d'une des techniques de cordonnet en dentelle russe. Celle-ci offre au moins trois façons différentes de le travailler. Mon souhait aurait été de faire un lien vers un site quelconque pour les explications, mais après une recherche rapide du côté français, je n'ai trouvé que le chevron, qui demande deux paires. Or, il n'y en a qu'une seule. Alors voici comment le travailler (pas de photos, mes excuses, sauf peut-être ci-dessous, prise après le passage des meneurs, et où on voit la torsion):
  • prendre la paire de meneurs
  • soulever le fuseau droit de la paire de cordonnet
  • passer les meneurs en-dessous
  • déposer le fuseau droit à gauche de l'autre (celui de gauche devient maintenant celui de droite). La torsion se fait toute seule.

Le petit volant a été fait en grille. À l'encontre du dessin technique du patron, les deux premiers et les deux derniers rangs — qui prévoient de la toile — ont été faits en point double. Comme je n'ai pas trouvé d'exemples, je l'ai fait à ma guise.

Dans un premier essai, mes deux premiers rangs étaient en toile, selon le patron du volant plissé (rappelez-vous que je n'avais pas essayé le passage de la toile à la grille dans la première expérimentation. C'était une occasion de l'essayer). Un problème s'est révélé et j'ai recommencé avec la promesse de regarder ça plus tard.

Pour la largeur du petit volant, l'épingle a été plantée à l'œil entre 0,75 et 1 cm du bord gauche en se servant d'une règle. Un accrochage à l'épingle du galon a terminé chaque rang de droite à gauche.


Une fois le volant du dessus terminé, ça ressemblait à ce qu'on voit sur l'image de droite.
















Pour partir le grand volant, on a juste à réutiliser les épingles du petit, plus d'autres ajoutées afin de compléter la largeur.

Ce volant a été travaillé essentiellement en toile. Ici aussi chaque rang de droite à gauche se terminait par un accrochage à l'épingle du galon.













Jusqu'à trois torsions ont été rajoutées dans les courbes pour remplir, cerclées dans l'image ci-contre, prise juste après un accrochage. J'ai quand même laissé quelques paires en toile du côté du cordonnet pour plus de finition.














Pas plus difficile que ça! Maintenant, à vos coussins!


Un volant plissé en dentelle au fuseaux

Je commence une série d’études sur certains effets 3D en dentelle. Je réfère en particulier à ceux que j’ai réalisé pour les fleurs dans cet ouvrage. Je rappelle que seulement certains indices étaient disponibles pour la réaliser et que je n’ai rien trouvé sur internet pour m’aider. Je crois avoir pas mal cherché. Le patron vient d’un livre d’introduction au Fleuri de Bruges, ce qui laisse entendre que c’est une technique de base. Or, je me suis rendue compte par la suite que c’était pas mal avancé. Comme ça m’intriguait et que je tenais à le faire, j’ai plongé quand même.

L’idée est de joindre des morceaux de dentelle par des accrochages, au lieu de coutures avec du fil et une aiguille, pour obtenir des effets 3D, lorsque possible et applicable. J'admets que ça ne se prête pas à toutes les dentelles.

Je rappelle que mon œuvre originale était exploratoire. D’où que je ne recommençais pas quand j’avais des erreurs ou des insatisfactions mais que je me reprenais par la suite pour comparer. Les accrochages se sont révélés critiques et je sentais le besoin de les retravailler à tête reposée.

Ma première pratique a ciblé le volant plissé de la plus grosse fleur dans l'original. Voici ma dentelle finie:



Quelques observations suite à l'ouvrage original et que je vais appliquer dans mon étude:
  • Dans l'original, les accrochages se faisaient "dans le vide", c'est-à-dire sur ce qu'il y avait en dessous: points doubles et points de piqûre (backstitch) des pétales de la fleur. C’est plus solide de faire les accrochages dans les œillets d'épingles là où il y a des points doubles (épingles après deux, épingles après quatre). On évite de les faire dans des points de piqûre ou entre deux épingles: soit que ça ne se tient pas (ça se déforme), soit qu’il n’y a pas assez d’espace, soit les deux;
  • c'est mieux d'accrocher dans un œillet d'épingle venant d'une autre partie de la dentelle, ex: un galon. Ça plus de corps, ça se tient mieux;        
  • plus on prévoit avoir d'épaisseurs superposées, mieux c'est d'en avoir large à l'œillet où on accroche. Ajouter des torsions entre les deux points doubles au besoin.

Pour m’exercer, je me suis préparée un patron. À gauche, c'est en petit juste pour l'idée. Je vous rends disponible le vrai, à sa dimension réelle, avec les dessins techniques selon le code de couleur international, tout ça en format PDF, ici. J’ai aussi pris des notes et je voudrais vous en faire profiter (plus loin). Comme vous pouvez voir par la photo ci-dessus, il n’y a pas tellement de fantaisie. L’original est une fleur — c’est en cercle — mais, dans ce premier temps, je voulais mettre le focus sur la technique du volant lui-même et j’ai simplifié le reste au maximum, d’où la forme droite sans décorations. Je reviendrai au cercle plus tard dans cette série d’études.
    
Le patron est divisé en deux parties: à gauche (en haut sur la photo) un galon et à droite (en bas sur la photo) le volant lui-même. Celui-ci va être accroché au galon. Le patron comporte aussi des lignes de couleur bleue et rouge qui m’ont servies de repères lorsque j’ai travaillé. Elles permettent jusqu'à six essais. Les lettres vont servir plus bas dans le texte.

J’ai fait le galon en premier. J’ai monté deux paires bordures (environ 1m pour une paire), quatre paires passives (même chose) et un meneur (environ 2m ). J'ai utilisé du fil de lin 60/2. Un fil plus gros pour mieux voir la réalisation. Je n'ai rien de particulier à dire concernant le galon et son dessin technique, à part de dire que j'ai pris un galon russe au point de toile. Pour le volant, j'ai monté deux paires bordures (environ 1m), treize paires passives (même chose) et un meneur (environ 2m), même fil.

Avant de commencer le volant, voici quand même quelques idées générales sur la manière de s'y prendre. La vue transversale ci-contre en donne un schéma. On part du début et on se rend jusqu'au point A en s'accrochant au galon. Là, on tourne le coussin et on se rend jusqu'au point B en s'accrochant de nouveau au galon. On retourne encore le coussin pour se rendre au point C toujours en s'accrochant au galon. Et ainsi de suite. Bien que le schéma suggère jusqu'à cinq épaisseurs, le résultat n'en dépasse pas trois.

Ici encore je m'excuse d'avoir juste des photos. Je suis très mal équipée pour les objets vidéo. Voici le déroulement tel que je l'ai noté.

1) Je me rends jusqu’à l’épingle à droite après la prochaine ligne rouge (donc A, ou C, ou l'équivalent). Je ferme l’épingle.


2) Je mets une tige fine (j’ai pris des épingles à chapeau de 2.5" (5 cm)) par-dessus le dernier rang réalisé et par-dessus les fils et je la coince avec des épingles. Ça va aider à prendre la forme et à la garder.


3) Je tourne le carreau à 180º. Je vais travailler par-dessus ce qu’il y a déjà jusqu’à la ligne bleue (donc point B ou D, ou l'équivalent).
4) Je peux mettre un carton par-dessus le travail déjà fait pour ne pas être dérangée par les épingles. Et pour mieux voir.


5) Je ramène les fuseaux au dessus du carton un par un sans changer leur ordre pour ne pas les emmêler. Aucun fil ne doit rester à l'extérieur des épingles, ou entre elles.



6) Je continue le rang vers la droite à partir de la 2ème paire, sinon ça fait un point double supplémentaire (ou ne pas fermer l'épingle au point 1 et commencer par la première paire pour la fermer maintenant. Je l'ai essayé mais je ne le recommande pas parce que la paire la plus à droite doit se trouver entre les deux épingles et que c'est facile à oublier.). Je termine par un accrochage. Donc, un accrochage supplémentaire dans un même œillet. Vous remarquerez que j'ai quand même enlevé mon épingle de ce dernier pour faciliter cet accrochage même si elle est collée sur la tige. Je l'ai évidemment remis ensuite. Vous n'avez pas d'hallucination: j'utilise le même œillet que celui du rang avant de changer de direction.


7) Je reviens vers la gauche. Je termine par un point double + une torsion. Au lieu de mettre une nouvelle épingle, je soulève celle qui est déjà là, sans la sortir de son trou, je passe autour la paire de gauche et je fais mon autre point double.


 

8) Je continue 6 et 7 jusqu’à l’épingle à gauche après la prochaine ligne bleue (point B ou D, ou l'équivalent). Je bouge le carton à mesure pour voir les épingles à gauche et à droite que je devrai utiliser. Au bout du dernier rang, je ferme l’épingle.

9) Je retourne au point 2. Je mets une autre tige. Je laisse la première en place pour garder la forme.

10)  Pour aller de B à C, je refais 3 (ligne rouge au lieu de la bleue), 4, 5, 6, 7 (vers la gauche au lieu de la droite), 8, 9 (vers la droite au lieu de la gauche, ligne rouge au lieu de la bleue) puis je continue normalement.

11) on reprend à 1 jusqu’à épuisement des volants.

L'image ci-dessous a été prise lors du retour de B à C (ou l'équivalent), une fois tous les fuseaux passés de l'autre côté.


Après le quatrième volant, ma dentelle avait cette allure:




Quelques idées d’exercices:

  • Remplacer la grille par de la toile (volants 4, 5 et  6).
  • Au lieu de changer de direction à l’épingle après les fils rouges et bleus (à l'extérieur), le faire en-dedans (à l'intérieur). (volants 3 et 5). On voit qu'ils sont plus petits.
  • Faire le changement de direction aux accrochages eux-mêmes des lignes rouges et bleues (volant 6), ce qui rend le volant plus large du côté du galon et plus étroit de l'autre.
  • Même chose que mon volant #1, voir la parenthèse au point 6. 
  • Tout refaire en épingles après quatre. Mais ceci pourrait faire le sujet d'un prochain article.


Ceci clôt cette première étude sur les volants en dentelle. Je reviendrais plus tard avec autre chose. Il y a vraiment de quoi à explorer.

Du fleuri de Bruges mutant

J'aime beaucoup mettre ma touche personnelle sur la dentelle que je fais. Et si celle-ci me donne une grande possibilité de création, je suis preneure.

Je vais sauter de la dentelle russe au fleuri de Bruges.

Voici une œuvre que j'ai composée à partir du patron du chapitre 6 du livre "An Introduction to Bruges Lace", écrit par Jean Hardy et publié par la Lace Guild anglaise.


Dans le patron, l'auteure suggère des effets en 3D, photo noir et blanc à l'appui. Sauf qu'à part de dire qu'on doit faire des accrochages pour les réussir, elle n'est pas très bavarde. Le hic: il y a un droit d'auteur (Sarum and Spire Lacemakers). Ce qui laisse quand même une marge de manœuvre puisqu'on ne peut pas reproduire la pièce pareillement.

Dans cette celle-ci, j'ai relevé deux défis : le premier, faire des effets en trois dimensions (il a fallu les inventer), le second, mettre des couleurs comme en dentelle polychrome de Courseulles (en fait plus ce qu'on appelle de la dentelle blonde, qui peut ne pas être blonde du tout). Du nouveau dans les deux cas. Avec pour seule expérience les cinq premiers chapitres du livre.

Comme c'était une exploration et une appropriation de techniques à l'aveugle, celles-ci ne sont pas parfaites. J'ai utilisé ce que j'avais: du coton égyptien de couleur écrue, du spécial dentelle de couleur rose et saumon, du spécial dentelle de couleur jaune pâle, du coton Lisbeth vert pâle.

Voici un résumé:
  • pour la plus grosse fleur, j'ai fait un volant en grille.
  • pour la fleur en bas à sa droite, j'ai deux fleurs superposées. L'étage du dessus est en grille. Pour celui en dessous, j'ai travaillé la couleur en blonde.
  • pour la petite fleur à gauche de la précédente, j'ai fait un effet 3D en spirale. 
  • la petite fleur la plus à gauche a été faite comme celle la plus à droite. C'est juste l'étage du fond qui change de couleur.
  • Enfin, pour la dernière fleur, les deux étages sont de même dimension, sauf que je joue sur un effet de transparence. À l'étage du dessous, j'alterne la grille avec la couleur traitée en blonde alors qu'à celui du dessus, unicolore, j'alterne la toile et la grille, mais par effet contraire: la toile du dessus est vis-à-vis la grille du dessous.
  • Pour les feuilles, j'ai procédé de la même façon. Les feuilles sont rattachées au cœur des fleurs.  J'ai travaillé la couleur verte en blonde. J'ai essayé avec cordonnet et sans. Dans un cas, j'ai deux feuilles superposées de dimensions différentes.
Une expérience intéressante et satisfaisante. Pour les effets 3D, tout est dans les accrochages. Je n'ai pas été à plus de trois étages, sinon ça devenait trop épais. Quant au travail des couleurs en blonde, j'ai pu valider par la suite mes conclusions avec quelqu'un.

Je reviendrai plus tard avec les techniques que j'ai utilisées pour les effets 3D.

Je n'ai pas mis de lien vers la dentelle Polychrome de Courseulles ou vers la dentelle blonde. Ça aurait été intéressant d'en avoir. Je n'ai rien trouvé qui me satisfaisait.