La dentellière de Vassili Tropinine

Voici un tableau très célèbre. Je suis sûre que vous l'avez déjà vu. Il s'agit du tableau La dentellière du peintre russe Vassili Andreïevitch Tropinine. Il a été réalisé en 1823 et est exposé à la Galerie Tretiakov de Moscou.

Avez-vous remarqué quelque chose de particulier? C'est une toute jeune femme, voire une adolescente. À cette époque, en Russie, les dentellières étaient presque toujours des jeunes femmes non mariées en situation de servage. Leur jeunesse garantissait des doigts encore fins. Les ateliers où elles travaillaient étaient des lieux humides pour garder le fil élastique et délicat. Une serve ne se plaint pas.

Une femme qui n'est pas occupée à élever une famille est plus facile à exploiter qu'une femme mariée. C'est pourquoi, dans les ateliers des propriétaires, en général des aristocrates, ceux-ci veillaient avec vigilance à les empêcher de communiquer avec la gente masculine. Si une serve rencontrait un être cher, la punition l'attendait: couper sa tresse (ce qui était considéré comme une honte), l'exiler dans un village éloigné ou la marier de force à un parti pénible, le plus souvent un veuf avec des enfants. Si l'artisane avait un enfant, il lui était enlevé, et la mère continuait à être considérée comme n'importe quelle autre jeune serve non mariée, corvéable et exploitable à merci.

 

Sources:

Tatiana Mogilevskaya, Alexandre Sadetsky, Notes du cours Russe-1010, Université Laval, 2014, Québec, Canada 

Irina A. Vlassova, Основы кружевоплетения на коклюшках (Bases de la dentelle aux fuseaux), 2012, Petrozavodsk, Russie


Secrets de cordonnets russes

Juste pour vous donner des nouvelles. 

Premièrement, et pendant qu'il est encore temps, mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Depuis la dernière fois que j'ai écrit sur mon blogue, j'ai continué mes cours de russe et fait un peu de dentelle. J'ai un problème de dos, la dentelle ne l'épargne pas. Je suis suivie par une chiro. Je ne peux pas en faire beaucoup à la fois et je cherche une solution adaptée. Sauf que le confinement complique les choses. Affaire à suivre, donc...

Une de mes ressources internet pour l'apprentissage du russe suggère d'écouter des trucs en rapport avec nos hobbies pour faire son oreille. Comme ça, on se tanne pas. On a moins la sensation de faire un devoir. C'est plein de bon sens et j'avoue ne pas y avoir pensé. Je le voyais plus comme à la fin, pas pendant.
 
Je viens donc de m'amuser à regarder des vidéos de dentelle en russe (pendant ce temps-là, je repose mon dos). Dans ce que je vous amène, j'ai reconnu des mots, juste quelques-uns, dont certains reliés à la dentelle, ce qui montre que ça avance. C'est toujours un début.
 
Mais cette vidéo, qui s'appelle "Secrets #2", vous n'avez pas besoin de la comprendre. Elle est très visuelle. La dentellière (son nom: Irina Zubarova) donne des trucs reliés aux cordonnets. Par exemple, elle triple l'épaisseur de ceux-ci juste en jouant avec ses fuseaux. Elle en fait un meneur à un moment donné. Et il y a la finition de ces cordonnets. Ça dure une vingtaine de minutes.
 
Je préviens que je ne les ai pas encore essayés.

 

 
 Je crois que je vais répéter l'expérience.